jeudi 29 avril 2010

mercredi 21 avril 2010

L'Albatros /Baudelaire






Lecture du texte
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Problématique : Il s'agira de découvrir la signification allégorique du poète.

Ce poème est extrait de "Spleen et idéal", la deuxième partie du recueil Les Fleurs du mal. Cette partie évoque l'homme déchiré entre l'aspiration à l'élévation et l'attirance pour la chute, déchirement à l'origine de l'envie nommé spleen, indissociable de la condition humaine et qui finit par triompher. L'albatros traduit chez Baudelaire la conscience d'être différent des autres. Baudelaire a recours à une image très suggestive pour dépeindre sa propre condition dans une société qui l'ignore complètement. L'image de l'albatros capturé évoque l'idée d'un être totalement étranger au monde qui l'entoure. Baudelaire faisait partie de la génération des poètes maudits, c'est-à-dire non compris par les gens de son époque. Les trois premières strophes concernent l'albatros tandis que la dernière est dédiée au poète.
Ce poème est fondé sur une double comparaison. L'albatros est personnifié étant donné que le poète est comparé à l'oiseau. Grâce à un réseau de personnification, les trois premières strophes comparent l'albatros à un roi déchu (" roi " vers 6), à un voyageur ailé tombé du ciel. La quatrième strophe explicite le symbole en faisant du poète, par une comparaison et une métaphore hyperbolique, un " prince des nuées " (vers 13) aux " ailes de géant " (vers 16). Exilé parmi les hommes, la vie de l'albatros apparaît donc comme une parabole qui définit l'existence du poète. Le poète et l'albatros sont associés dans la dernière strophe et cette association oblige à une réinterprétation : le voyageur ailé devient le poète, les hommes d'équipage : la foule et les planches : le théâtre social.
Les thèmes du poète- La verticalité, l'aspect aérien. L'albatros est évoqué dans toute sa grandeur comme le confirme l'enjambement des vers 1 et 2 qui suggère l'immensité des espaces que l'albatros a à parcourir. Cette notion de grands espaces est renforcée par l'hypallage du vers 2 (" vaste oiseau des mers " = oiseau des vastes mers).- L'aspect sublime : Au-dessus de l'horizontalité médiocre (la société), l'oiseau donne une impression de majesté, fait de fluidité, comme l'eau sur laquelle vogue le navire mis en relief par l'harmonie suggestive du vers 4 en " v ", " s " et " f ".- L'isolement, la solitude : Il y a le monde d'en haut et le monde d'en bas et la communication entre les deux est difficile, voire impossible.- La situation de la victime : l'albatros mais en même temps, le poète est agressé par les moqueries des marins (vers 11 et 12) puis par l'archer et les nuées (vers 14 15).
Le jeu des antithèsesLe poème de Baudelaire donne de l'albatros deux visions radicalement opposées : autant l'oiseau en vol est un oiseau majestueux à l'allure souveraine désigné par la périphrase du vers 16 : " les rois de l'azur ", autant lorsqu'il se pose il paraît ridicule : - les " ailes " du vers 7 qualifiés des deux épithètes " grandes " et " blanches " ? " les avirons (vers 8) ; - la beauté du vers 10 ? la laideur du vers 10 ; - du vol royal (vers 3), on passe au boitement de l'infirme (vers 12). Ces oppositions sont soulignées par des antithèses : - " roi " (vers 6) ? " maladroit " et " honteux " (vers 6) ; - le " voyageur ailé " (vers 9) ? "gauche " et " veule " (vers 9) ; - " naguère si beau " (vers 10) ? " comique " et " laid " (vers 10) de plus, ici, la rime intérieure croisée associe encore à l'idée de l'albatros celle d'un animal ayant perdu son rang et son titre de " roi " ; - " infirme " ? " volait " (vers 12).
Les sonoritésLe jeu sur les sonorités renforce le contraste. La majesté de l'oiseau en vol est rendue par l'assonance en " en " (vers 1, 2, 4, 13, 14, 16) et l'allitération en "v" (vers1, 2, 3, 4). La déchéance de l'albatros se traduit sur le plan phonétique par une sorte de dégradation et l'assonance en "en" est désormais associée à des mots dont le sens ou les connotations sont négatives ou péjoratives. Le destin funeste de l'oiseau est prédit par l'allitération en "s" du vers 4 : "gouffres amers". La troisième strophe accumule des sonorités qui produisent un effet désagréable avec l'assonance en "e", assonance déjà présente dans la strophe précédente avec "eu" de "honteux" au vers 6, "piteusement" au vers 7, "à coté d'eux" au vers 8 et l'allitération en "c" et en "gu" comme "gauche" au vers 9 et la cacophonie " comique et laid " du vers 10. Ainsi, le jeu des sonorités accentue la différence de l'animal au fur et à mesure du poème ce qui est renforcé par la disposition en chiasme des sonorités du vers 11.
L'image de la chuteA prendre au sens physique et au sens moral du terme, la chute du poète oiseau est suggérée par des images symboliques : perdant la liberté dont il jouit quand il " hante la tempête " (vers 14). C'est une métonymie du climat pour désigner le lieu, il est désormais prisonnier des " planches " au vers 5, synecdoque pour désigner le pont du navire. On note le caractère ridicule de l'oiseau lorsqu'il est en dehors de son élément car un roi sur une planche, ce n'est pas sa place. L'anacoluthe des deux derniers vers (" exilé " est au masculin singulier, on attend donc un sujet au masculin singulier mais on a " ses ailes " qui est au féminin pluriel) accentue le déchirement du poète entre ses deux vies : celle de la réalité et celle de l'idéal. L'art est pour Baudelaire une affaire personnelle : le poète ne se mêle pas au public vulgaire. Leurs cultures sont trop éloignées. Le poète doit donc s'exiler, être seul et cette singularité s'est cristallisée dans le symbole de l'albatros.
La portée des imagesL'albatros est désigné par les expressions suivantes : des périphrases au x vers 2, 3, 6, 9, 13, 19 qui ont toutes une valeur emphatique : de périphrase en périphrase, c'est tout l'aspect majestueux et souverain qui est déployé. La dernière strophe développe la comparaison entre le poète et l'albatros. C'est la même souveraineté dans la solitude mais c'est la même déchéance lorsqu'il redescend au niveau de l'humanité vulgaire. La comparaison entre l'oiseau et le poète permet de dégager la signification allégorique du poème : comme l'albatros, le poète est victime de la cruauté des hommes ordinaires comme les hommes d'équipage au vers 1 qui ne sont pas es " indolents compagnons " (vers9). De plus, les " nuées " du vers 13 ? " huées " du vers 15. Les marins du vers 11 agacent et provoquent l'animal. Le poète est donc déchiré entre le monde sublime (la poésie) et la vulgarité dégradante de la société. Bien plus, l'agressivité des hommes qui se manifeste par les huées de la foule va jusqu'à une volonté de meurtre symbolisée par l'archer du vers 14. On n'hésitera pas à mettre à mort le poète symboliquement mais il reste un homme incompris. L'albatros poète se moque des flèches qui ne peuvent l'atteindre. Il est exilé, c'est-à-dire étranger du milieu dans lequel il vit et est très mal vu et ses ailes, c'est-à-dire le génie, le gênent.
Selon Baudelaire, la place du poète dans la société est comparée à un albatros : majestueux dans le ciel, son élément mais ridicule sur terre et au contact des hommes. De même, le poète se situe au-dessus du commun des hommes pour ses poèmes, mais mêlé à la foule, il n'est rien et devient ridicule. Baudelaire faisait ainsi partie de la génération des poètes maudits, c'est-à-dire non compris par les gens de son époque.

mardi 6 avril 2010

TEST

1.Les 4 primautés qui caractérisent le romantisme.
2.Définition du vers/de la strophe.
3.Que représente l'allitération/ l'assonance?
4.Les caractéristiques/les fonctions d'un texte descriptif.
5.Qu'est-ce qui caractérise l'écriture autobiographique?
6.Les formules pour exprimer l'opinion.
7.Les principaux centres d'intérêt à étudier pour le commentaire d'un texte.
8.Qu'est-ce qu'on doit étudier pour cerner l'intérêt psuchologique/dramatique?
9.Que comporte l'introduction/la conclusion d'un commentaire?
10.Quelles sont les variétés du roman romantique?
11.Les types de personnages.
12.Qu'est-ce qui caractérise la focalisation externe/interne/"zéro"?

vendredi 4 décembre 2009

9e JURY DES JEUNES EUROPÉENS
-RÈGLEMENTLes
jeunes Européens regardent le monde : un jury d’adolescents
Quels regards les jeunes Européens d’aujourd’hui portent-ils sur le monde qui les entoure ?
Quels sont les sujets qui les touchent, les événements qui les mobilisent ?
Quels points de vue ont-ils sur les actions et les engagements de leurs aînés ?
Comment perçoivent-ils et reçoivent-ils la manière dont la télévision leur montre le monde ?
Autant de questions auxquelles le FIPA leur propose d’apporter leurs propres réponses en remettant le
9e Prix des jeunes Européens dans la compétition “Grands reportages et Faits de société”.
Principe
Le Festival International de Programmes Audiovisuels (FIPA) constitue pour la neuvième année consécutive un jury
d’adolescents européens. Sous le parrainage d’une personnalité de l’audiovisuel, les jeunes jurés participent à la 23e
édition du festival (Biarritz, 26-31 janvier 2010) et remettent un prix spécial dans la section compétitive “Grands
reportages et faits de société”.
Organisation
Les jeunes jurés sont invités par le festival qui prend en charge leur séjour à Biarritz du mardi 26 au dimanche 31 janvier
2010. À leur arrivée, le festival leur remet gratuitement leur accréditation, le catalogue du festival ainsi que toute la
documentation s’y rapportant.
Pendant le déroulement du festival, le FIPA accorde au jeune jury une attention toute particulière. Les adolescents sont
sous la double tutelle d’un animateur qui les accompagne, et d’un professionnel de l’audiovisuel, parrain du jury. Le Fipa
organise des rencontres entre le jury des jeunes Européens et des professionnels de la télévision (réalisateurs,
producteurs etc.) et la presse. Ils sont conviés à participer à l’ensemble des manifestations officielles du festival.
Ensemble, ils confrontent leurs regards, leurs sentiments et leurs jugements pour désigner au terme du festival le
reportage auquel ils remettent un prix exceptionnel. La participation et responsabilité des jurés est valorisée par la remise
d’un trophée lors du palmarès.
Objectifs
- se sensibiliser à l’environnement politique, économique et social international pour déclencher une réflexion
personnelle sur des sujets d’actualité,
- se familiariser avec les genres audiovisuels par le visionnage de programmes internationaux répondant à des
conditions de production et de réalisation différentes,
- développer une exigence quant à la qualité des programmes télévisuels par la rencontre avec les auteurs,
- affirmer des qualités de communication et notamment d’expression orale en langue française à l’intérieur d’un groupe
composé de différentes nationalités européennes,
- formuler un jugement critique personnel par la définition de critères d’appréciation et d’analyse,
- faire l’expérience de la négociation et développer des capacités d’argumentation par l’exposé d’un point de vue et la
confrontation à celui des autres jurés.
9e JURY DES JEUNES EUROPÉENS
-RÈGLEMENTLes
jeunes Européens regardent le monde : un jury d’adolescents

Conditions de participation
Les candidats doivent être citoyens de l’un des états membres de l’Union européenne.
Le jury des jeunes Européens est composé de 13 membres : un Aquitain représentant la France, un représentant pour
chacun des 12 états membres de l’Union européenne sur les 27, en alternance d’une année sur l’autre.
En 2010, la priorité est donnée aux candidats des pays suivants : Bulgarie, Espagne, Estonie, France (Aquitaine),
Gréce, Irlande, Lettonie, Luxembourg, Pologne, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède. Néanmoins, les
candidatures de tous les pays sont étudiées.
Agés de 15 à 17 ans dans l’année scolaire 2009-2010, les candidats doivent pouvoir s’exprimer couramment en français.
Candidature et inscription
Les adolescents font acte de candidature auprès du FIPA en adressant avant le 14 décembre 2009 le formulaire de
candidature dûment complété et signé, accompagné des documents listés sur ce formulaire.
L’inscription est soumise au règlement de frais de dossier d’un montant total de 50€ (cinquante euros) par candidat. Un
forfait peut être accordé aux écoles qui présentent plusieurs candidats (nous consulter). Se reporter au formulaire de
candidature pour le règlement de ces frais.
Les dossiers de candidature ne sont pas retournés et les frais d’inscription ne seront pas remboursés, même si un
candidat n’est pas retenu.
Sélection des jurés
Le FIPA sélectionne treize jurés, à raison d’un seul ressortissant par pays. Le choix des jurés se fonde sur les motivations
exprimées par chaque candidat et en particulier sur sa curiosité, sa sensibilité à l’actualité et au traitement de
l’information par les médias.
Une grande importance est également accordée au niveau de français de chaque candidat. Ces derniers seront
contactés par téléphone pour un bref entretien en français visant à évaluer leur capacité à comprendre et parler la langue.
Par convention, le juré représentant la France est sélectionné en Aquitaine.
Obligation des jurés
Les candidats s’engagent à :
- être présents à Biarritz du mardi 26 janvier 2010 dans l’après-midi au dimanche 31 janvier au matin,
- assister aux soirées d’ouverture et de clôture du 23e FIPA,
- respecter l’emploi du temps qui leur sera remis pendant leur séjour et notamment à assister à la projection de tous les
programmes audiovisuels présentés dans la section compétitive “Grands reportages et Faits de société”,
- décerner un prix, après délibération, aux auteurs du programme et à le leur remettre publiquement,
- ne pas divulguer la décision de leur jury à quelque personne que ce soit, en dehors de leur parrain et des organisateurs
du festival, avant la cérémonie de remise du prix.
Encadrements des jurés
Dans la mesure où ce jury est constitué de mineurs, le Fipa s’engage à assurer la présence d’un adulte qui les encadre
pendant toute la durée de leur séjour à Biarritz.
En revanche, la responsabilité du Fipa ne saurait être engagée d’aucune manière si un incident survenait en dehors de
leur présence à Biarritz dans le cadre du festival.
Calendrier
Lundi 14 décembre 2009 Date limite de réception des candidatures.
Semaine du 21 décembre 2009 Entretiens oraux de présélection.
Lundi 4 janvier 2010 Résultats communiqués aux candidats.
Mardi 26 janvier 2010 Arrivée et accueil à Biarritz du 9e Jury des jeunes Européens.
Cérémonie d’ouverture du 23e FIPA.
Vendredi 29 janvier 2010 Délibération du Jury des jeunes Européens.
Samedi 30 janvier 2010 Remise du Prix des jeunes Européens 2010.
Cérémonie de clôture du 23e FIPA.
Dimanche 31 janvier 2010 Départ des jurés de Biarritz et retour vers leur ville d’origine.

CONCOURS PROVENCE DU JEUNE POETE BULGARE 2008

Afin de soutenir l’enseignement du français en Bulgarie et d’encourager les jeunes à l’expression poétique, l’Association PROVENCE BULGARIE (ex. Association Franco Bulgare des Bouches du Rhône) organise un concours annuel destiné aux élèves et étudiants bulgares.
Pour ce faire, elle s’appuie sur des personnalités de la région : poètes, écrivains, professionnels du livre, professeurs qui apportent bénévolement leur concours.
Pour cette sixième édition, le concours sera placé sous le patronage de Madame Paule Constant, prix Goncourt et le jury sera présidé par M. Dominique SORRENTE, poète.)

REGLEMENT

Article 1
Le concours Provence du jeune poète bulgare est ouvert aux élèves des lycées bulgares. Les élèves de nationalité française ou ayant vécu plus d’un mois en France ou en pays francophone ne peuvent y participer.

Article 2
Chaque participant enverra 1 poème d’une page maximum, si possible dactylographié, avec ses :
- nom
- prénom
- date de naissance
- adresse
ainsi que le nom du lycée et la classe,

par Internet, simultanément aux adresses :
afb.13@laposte.net
ddanset@club-internet.fr
guymaximin.capuano@laposte.net

Si l’accès à Internet lui est impossible ou très compliqué, il pourra envoyer son texte par la poste à :
Association PROVENCE BULGARIE
14 Avenue Marcel Pagnol
13880 Velaux France

Article 3
La date limite de réception des textes est fixée au 25 février 2010

Article 4
Le jury, composé de personnalités du monde littéraire de la région Provence et de représentants de l’Association Provence Bulgarie, délibèrera dans les deux mois suivant la date ci-dessus et attribuera cinq prix. Les décisions du jury sont sans appel. Lors de la remise des prix à l’Institut Français de Sofia, les cinq lauréats devront participer à une sélection au cours de laquelle leur expression orale sera appréciée, afin de permettre aux représentants de l’Association Provence Bulgarie de départager les cinq lauréats.

Le premier prix consistera en un voyage et séjour d’une semaine en Provence.
Les autres prix consisteront en livres remis aux lauréats à l’Institut Français de Sofia lors de la cérémonie de remise des prix.
Dans la mesure du possible, les lycées ayant eu des lauréats recevront des livres d’occasion destinés à leur bibliothèque.
Les poèmes des lauréats seront publiés dans le bulletin trimestriel « REFLETS » et sur le site Internet de l’association.

Article 5
Le thème retenu pour la présente année sera « LA VIGNE »
Afin d’éviter les confusions, les candidats ne devront pas utiliser « LA VIGNE » comme titre de leur poème.

mardi 1 décembre 2009

Le Mariage de Figaro

Une variante du Barbier de Seville

Le Mariage de Figaro


Commentaire de texte :
Acte V scène 3, du début à la ligne 118 (« … petits écrits »).
Groupement de texte : Le Mariage de Figaro
Introduction :
La situation de la scène dans la pièce : Dans l’acte I : les femmes (La Comtesse et Suzanne) affirment « [avoir] besoin de Figaro ».Dans l’acte V : elles mettent au point une machination dans son dos, en comptant sur son ignorance à son sujet, malheureusement il en a vent et fait marcher son imagination.
Propos sujets à dénonciation dans le monologue :« O femmes, femmes » : certaine remise en cause de la prédominance masculine absolue.Naissance ne doit plus être synonyme de mériteAmertume de Figaro.
I La vie de Figaro, un échec ?1 Une succession d’aventuresCe monologue retrace la vie de Figaro de manière précise :Ses origines inconnues semblent responsables de ses malheurs car volé par des brigands : or quand origines inconnues ou appartenance à une mauvaise famille, l’ascension sociale apparaît fortement compromise.
2 L’échec de Figaro dans sa quête de la jouissance personnelle.Sur le plan social et professionnel, sa vie est parsemée d’embûches et de frustration :-Etudes de chimie, pharmacie et chirurgie, or il n’est que vétérinaire (dévalorisant à l’époque)-Censuré lorsqu’il écrit une pièce de théâtre (ironie, accumulation et hyperbole soulignent sa déception)-Ecriture d’un texte traitant du produit net l’emmène droit à la prison , son honnêteté, paradoxalement, le pousse en prison. il y abandonne définitivement « espérance et liberté ».-Son désir de carrière honnête semble définitivement repoussé. La vie quotidienne de Figaro n’aura été que déceptions et rabaissement.
La vie personnelle de Figaro n’apparaît guère plus épanouie :-La seule satisfaction réside en un mariage qui, lui aussi, lui semble fortement compromis en ce point de la pièce.-Privé de la connaissance de ses parents : d’une éventuelle ascension sociale, mais en plus de l’amour de ses pairs.
3. L’autodérision de FigaroL’ironie jalonne ce monologue : « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits », « parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! » : ce ton convient parfaitement à aux torts qu’a causé la vie à Figaro en retour de ses nombreuses espérances.L’autodérision mariée à son humour sont ses armes pour combattre ses échecs : « las d’attrister des bêtes malades […] me fusse-je mis une pierre au cou ! » Antithèse : études et efforts réalisés et métier obtenu, découragementUne autodérision saine et bienfaitrice : A chaque échec, Figaro rebondit… pour s’enfoncer encore plus mais son ton d’autodérision lui permet de ne pas succomber à la dépression.
II. Une critique de la société1. L’inégalitéCette inégalité transparaît avant tout dans la naissance. Comparaison du destin de Figaro et de celui du comte :-Dévalorisation humoristique de la naissance : « vous qui vous êtes donnés la peine de naître », qui entraîne passivité, hiérarchie sociale préétablie et des positions fixées à l’avance.-Le Comte est qualifié d’homme « assez ordinaire » alors que la considération générale fait que « parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un gd génie » : nouvelle antithèseFigaro généralise sa situation. Le comte est généralisé aux « puissants ».Figaro a dû déployer plus d’énergie qu’on a mis à gouverner toutes les Espagnes pendant cent ans pour survivre alors que le comte s’est juste donné la peine de naître. L’humour est l’arme de FigaroIl est constamment mis en échec : il appartient à la foule obscure. Naître est la tâche du comte, exécuter celle de Figaro.
2.La censure
Une censure aveugle et dénuée de bon sens : Figaro, pour avoir écrit un traité d’économie (pensée traduction de véritables sentiments): va en prison. Figaro se moque des arguments avancés par la censure .Se suicider serait préférable à faire du théâtre « me fussé-je mis une pierre au cou » car on ne peut ainsi plaire à tout le monde et on s’expose ainsi aux mécontentements « ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant ».Une censure qui entretient les inégalités.A l’époque, tout ce qui concerne la pensée est l’objet du contrôle de l’état => régime de type totalitaire.La pièce du « Mariage de Figaro », censurée durant quatre ans, représente, en plus du monologue de Figaro, le contrôle excessif de l’art et de la pensée, de la liberté d’expression.
Conclusion :
Un des plus longs monologue françaisConfrontation de l’expérience d’une vie avec les réalités d’une sociétéL’autodérision et l’amertume conduisent Figaro à reprendre courage et à ne pas désespérer.
À noter : Le monologue dans la pièce marque le moment de crise…
Autre fiche de revision :
INTRO : - quelques mots sur la vie de Beaumarchais et sur le contexte de rédaction- pièce écrite au moment où il est célèbre - la portée subversive de cette pièce effraie la societe. En effet, la pièce a été interdite 6 ans avant d’être jouée en 1784. Cette représentation remportera un succès immense . - ce passage se situe dans l’acte V , à l’approche du dénouement - la tension dramatique est ici à son comble . - ce monologue, un des plus longs du théâtre français, ne fait pas avancer l’intrigue mais a une grande portée subversive et annonce ainsi la révolution de 1789
ANNONCE DES AXES
I) L'amertume de Figaro 1) Le trouble de Figaro points de suspension - phrases non verbales - répétitions 2) Le désordre de Figaro - mouvement anarchique ? « se leve » , « se rassied » - tons differents : polémique : (« Noblesse , fortune, un rang de places! »), comique (« métier de mari », « à moitié ») et ironique (« lancette de vétérinaire »…) 3) Figaro détruit moralement - Les images de la victoire du comte et de l’infidélité de Suzanne lui sont insupportables. (« Non , non,vous ne l’aurez pas » + répétitions ? il refuse d’y croire) - La rivalité amoureuse est en réalité une critique sociale II) Critique de la societe 1) Critique du privilège de la naissance - opposition entre le comte et lui : il le dévalorise (« Monsieur le conte » ? ton ironique) - interpellations : personnalisation de la noblesse , questions adresses au conte. C’est en quelque sorte une forme de dialogue qui lui permet de se libérer de sa colère et qui donne un aspect vivant au monologue . - critique son enfance : impression de manque (« fils de je ne sais pas qui ») mais il a une volonté de vaincre, ce qui est montré par les hyperboles ( « pour gouverner toutes les Espagnes ») , les juxtapositions (« j’apprends la chimie , la pharmacie ») , les verbes d’action (« j’apprends », « je me jette » , « je veux » ). La volonté est plus importante que le rang selon Figaro 2) Critique de la censure - Les termes « A l’instant », « je ne sais où» montrent le caractère arbitraire de la censure et dénoncent ainsi avec beaucoup de virulence - la censure n’est pas fondée sur le texte - la tyrannie exerce sur les esprits - Beaumarchais est habile car, comme on peut le supposer, en critiquant le système religieux persan, il critique l’Eglise et le fanatisme religieux CONCLUSION - Il s’agit d’un moment clé de l’oeuvre où Beaumarchais fait entendre sa voix par l’intermédiaire de Figaro. Il critique la société injuste qui restreint les libertés - C’est également un moment sans doute phare car il a une très grande portée politique car il confirme les idées des Lumières et annonce la Révolution de 1789.